Roubaix ou la mauvaise réputation
On vous aura sûrement, au moins une fois dans votre vie de lillois, présenté Roubaix comme un endroit invivable, ou la sécurité est impossible, l'architecture terne et morose, et au valdalisme galopant.
Il est vrai que le meurtre surmédiatisé de Franck Tarvernier le 29 Octobre 2000 dans la station de métro Epeule-Montesquieu n'aura rien arrangé a l'image qu'on a de cette ville.
Les raisons de cette mauvaise impression sont multiples. D'abord cité lainière puis cité industrielle, Roubaix a, pendant des decennies, concentré son activité économique sur le secteur secondaire. D'une ville, capitale du textile depuis les premières traces qu'on a d'elle, vers le VIIe siècle, on a assisté à l'essort incroyable dont elle a bénéficié lors de la révolution industrielle. Implantant durablement, vers 1850, d'immenses bâtiments, devenus rapidement grisâtres, suite aux cheminées toutes aussi nombreuses. Les manques cruels de financements des années 1970, suite a la crise des énergies fossiles, auront eu raison de l'industriel roubaisien, dont les sites fermeront les uns après les autres. Le chômage s'empressa de ternir un peu plus l'image de Roubaix, atteignant toujours plus de 30 % l'année dernière.
Roubaix ou l'épopée des années folles
Comme je l'ai dit plus haut, Roubaix aura joui d'un impressionnant développement économique... Développement qui deviendra social aussi, à cette époque. Les recettes de l'industrie aidant, Roubaix aura réussi a maintenir sa population riche avec les premières grosses infrastructures de loisir : premier stade, parc Barbieux, nouvel hôtel de ville... Roubaix était riche, Roubaix était populaire, comme l'attestent nos grands-parents en racontant les immenses bals populaires organisés sur la place du Travail... Le tourisme était présent et aussi actif, cité devenu aussi célèbre pour avoir acceuilli les guinguettes parisiennes et leur mode chic.
D'Eurotéléport jusqu'à la Piscine, Roubaix ou la volonté de s'en sortir
De nos jours, l'aspect que j'ai décrit dans le paragraphe précédent est révolu. De Roubaix, on ne connait plus que les grandes friches industrielles et maints bâtiments désaffectés...
Que faire de tout ce patrimoine ? L'idée était lancée : « requalifier ». Vous avez certainement entendu parler de lofts a Roubaix... Ils ont tous été aménagés dans d'anciennes usines requalifiées. Le privé comme le public trouvèrent leurs comptes dans ces bâtiments présentant un énorme potentiel : des entreprises du secteur tertiaire necessitant beaucoup d'espace de stockage, aux bibliothèques, facultés, salles de spectacle, les Archives Nationales du Travail, La Condition Publique, et le musée La Piscine...
On a aussi construit : du centre d'affaires baptisé Eurotéléport, aux magasins d'usine d'un genre nouveau, en les noms de MacArthurGlen et l'Usine, et dans un centre commercial...
On notera aussi l'envie roubaisienne de faire refleurir le tourisme avec le programme Blue Links... En coopération avec VNF.
Roubaix, c'est une ville a découvrir toute entière, dans toutes ses façettes. C'est aussi une ville qui ne s'est pas encore remise du choc économique, et qui ne cherche qu'a casser les préjugés, un par un...