(464-humeur) Dans un très vieil appartement

Qu'il est bon et doux d'avoir une présence humaine chez soi. Car au final quand depuis des années on vit seul et à sa propre charge, avoir une personne à s'occuper devient un nouvel axe de priorité, de charmantes responsabilitas.

Or depuis tout ce temps, j'aurais du enfin finir par m'habituer à la froideur des murs que je loue,, et au silence qui se cache dans les recoins. Même si mon voisin du dessus est Dieu et qu'internet me permet toujours de communiquer, ce ne sont plus des éclats de voix, des bruits de pas aux autres résonances d'une vie humaine. Il n'y a que ce silence. J'aurais peut être du m'y habituer, oui, quand bien même est ce possible.

Il n'y a bien donc pas que moi qui vit seul, qui parfois voit la vie en gris au détour d'une soirée froide.

Une visite, ni une ni deux tout s'éclaire, tout s'éclate ; la cafetière frémit. La parole et le rire se refont maître. Des débats philosophiques ou un peu moins glorieux suffisent, ce n'est plus du gris mais du rouge palpitant. La vie est là.

Qu'il est bon et doux d'avoir une présence humaine chez soi. Car au final le café devient fête, le repas devient festin ; puisqu'on le partage, il devient d'instinct plus grand.

Qu'il est bon et doux, n'est ce pas ?

Recevoir est une solide motivation pour attendre, puisqu'on attendra de soi de faire plaisir, puisqu'on attendra des autres qu'ils nous parlent dès qu'on franchit le pas de la porte. Non pas pour cette fois retrouver l'aspect terne et ravagé d'un appartement qu'on aura laissé vide et sans trace de vie aucune. Mais pour sentir que lorsque qu'on tournera sa clef dans sa serrure de son appartement, il ne s'agira plus de soi mais de nous tous.

Recevoir, je ne connais pas un qui n'aime pas au moins un peu. Juste une présence. Un corps humain. N'êtes vous pas d'accord ?

Puisque d'un seul on tombera dans la continuelle habitude, alors de plusieurs on s'élèvera dans l'humeur de s'améliorer.

Qu'il est donc bon et doux d'avoir une présence humaine chez soi.
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# Posté le mardi 18 novembre 2008 15:46

(463-humeur) Réminiscences de Marseille

Avant de commencer, je tenais a vous prévenir ; cet article ne ressemblera à rien. Il ne sera pas construit et se cantonnera aux limites d'une logorrhée descriptive. Mais après tout... Un rêve est rarement très précis dans nos têtes, quand on fait appel a lui. Inspirons nous en, dépaysons nous.

M A R S E I L L E.

Au delà de plusieurs frontières, par delà le NPDC, l'île de France et maintes autres régions, cinq heures de TGV nous emballent par leur ennui. Passons de l'un a l'autre, passons de la drache lilloise à l'étouffement provençal.

C'est assailli par le manque de nicotine que ma première vue est venue. Ces couleurs... Avec le soleil déclinant, le pastel est exacerbé, ce jaune, ce rose, ce vert, ce bleu, ces monuments, ces tours résidentielles, ces escaliers, ces ferrures d'éclairages publics. Ce ciel, immaculé, presque réconfortant, étend son emprise jusqu'à la pollution récurrente mais lointaine, aux frontières du regard. J'ai pas l'habitude de choses comme ça. Des pentes des rues, de la blancheur des bâtiments remarquables, de l'odeur marine douce qui plane, flâne, de tous ces murs en crépi qui suintent la chaleur accumulée depuis des années.

En bon roubaisien, les tours ne sont pas dérangeantes. Bien au contraire, elles se fondent, restent lointaines, comme la pollution, et un peu familial. De toute façon j'ai presque toujours vécu dans cette configuration. On est intrigué par les excroissances en hauteur de cette population qu'il aura bien fallu loger, cette population qui a si mauvaise réputation dans notre pays. Ce dépassement bétonné qui entoure la ligne de métro. Métro aussi, qui nous avale, de sa disposition de materiel pneu des années 60. Métro aussi, qui m'a dégueulé de sa bouche, au gré de mes envies, au milieu de noms déjà entendus mais tellement mystèrieux, la Canebière, le Vieux-Port, ND de la Garde, le Pharo, avec son odeur de poisson tenace dans l'escalator. Du bleu... C'est la mer, a quelques mètres de ce qui me paraît être le symbole absolu de la terre. Je nage déjà dans la mer Mediterranée des mâts des bateaux de plaisance. Je m'enterre déjà dans une des artères les plus connues de France.
Et puis cette odeur de soleil, la, partout autour de moi. Dégoulinant des tois jusqu'à toucher les autochtones. La pluie, la bas, c'est le soleil.

Maintenant perdons nous dans le paysage olfactif, entre les odeurs de lessive du linge qui pend aux fenêtres et des essences d'arbres. Arbres que je ne connaissais pas non plus, trop habité a la configuration flamande, qui préfère ne pas végétaliser pour mieux absorber le soleil. Ici c'est tout l'inverse, on s'en protège, en densifiant les maisons, en plantant, en jouant avec la lumière et ses propriétés.

Moi, en tous cas, ca me fait rêver.
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# Posté le vendredi 07 novembre 2008 13:55
Modifié le mardi 18 novembre 2008 15:48

(4-62) Non, ça ne parle pas du Pas de Calais.

Les messages sont des choses assez rigolotes, surtout pour écrire de nombreuses conneries après avoir cuire a Dunkerque.

Mettons :


Yogsothoth je t'aime !

D'une part.

It Would Be Great At Your Side...
Bientôt. Même mardi a 19h58, en fait.
Goûter a la cuisine Japonaise dans MARSeille, si ce n'est pas merveilleux.
LIL ! Sortez moi d'la ! (mais pas trop longtemps, je ne puis vivre sans mon nord-pas de calais chéri.)
Et ma mère me parle encore de toi, je crois qu'elle avait envie de te draguer en fait. Surtout quand elle a appris ton âge...
Goûtons également aux plaisirs de votre canapé, et de votre balcon surchauffé (ou je devrais aller pour soulager la faim de mes cellules cancéreuses, une fois toutes les heures, elles sont voraces, hin.) Sans oublier le mode de vie régi par des horaires non-conventionnels des parts de chacun ses habitants, (travail ou msn, private joke) et des températures qui me paraissent inconcevables (il a fait 21°C au visu de DK aujourd'hui, j'en ai chopé des coups de soleil.)
Bon, pourvu que ce ne soit pas comme dans "plus belle la vie", j'en ai marre d'avoir l'impression que la télé est enduite de beurre ou autre substance jaunâtre.
Arrêtons les clichés dans l'instant, sinon ca va encore finir en RoubAix-en-Provence, ou "bienvenue chez les provençaux", ca pourrait même peut être relancer le ratatouille et le tourisme dans Felix Piat.

Hin, hin. Oui, je sais. Le message de Yog ne faisait que 4 mots.
C'est injuste, mais la vie est injuste, tu sais !

D'autre part.

Commençons par dire des choses agréables, ça fait toujours plaisir.

Bon, 5h cumulées de transports dès Mardi. Ca va donner. Vas y paie ton somnifère, je préfère dormir que de voir passer le Creusot. Réveille moi a Lyon, par contre. Quelqu'un a pas 1 ¤ 70 pour payer le métro a Marseille ?! Je suis vraiment a la dèche.
Hola, holala. Je vais pas supporter plus de 30 °C moi ! Quelqu'un a pas des stocks de biafine ?! J'crois que je vais être très necessiteux.
Résolution de l'été : vu que je vais partir a la découverte d'une paire de choses, ne glandons pas sur msn, ne perdons pas de temps dans des choses... heu, f-utiles ?!
J'ai déja faim, ce salopard me faisant miroiter depuis des mois tous les délices buccaux qu'il prépare.
Ha j'l'avais attendue cette invitation ! Et j'le regrette pas, ben tiens...


Envie de brun aux yeux bleus barraqué, ou tout du moins avec du bidou ? On avait déja vu ça **ici**. Pour revoir les autres ? Servez vous des archives et des numéros d'article, c'est la pour ça !
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# Posté le dimanche 13 juillet 2008 17:57
Modifié le dimanche 13 juillet 2008 20:31

(461) La symphonie des mangeurs de verre.

La ou on l'entend le mieux, c'est Euralille.
Les hautes tours éclairées jour et nuit, la voie rapide urbaine qu'on surplombe et le centre ville a 5 minutes.
Ça ressemble a du verre pillé. Je n'ai jamais réussi a déterminer son origine.
Quelques suppositions ont jalonné mes nuits, quand je n'avais pas grand chose de mieux a faire que d'être sur le balcon de Christophe a fumer mon compte en banque.
Peut être un crissement de rail, la gare n'étant jamais très loin, la voie rapide et ses excès de vitesse récurrents. Ou tout simplement le "cri" de la ville ; des milliers de voix qui s'associent, du peuple qui fête quelque chose, au loin, des sanglots de victimes.
Enfin je n'ai jamais su précisément. Mais je sais que c'est encore une des rares choses que je trouve démentielle sans me poser de question.
Du plus profond de ma mémoire, je me souviens avoir toujours entendu ceci.
Quand j'étais gosse, a Rouen, que dans mon lit et le noir je savourais ce verre brisé, qui venait de la fenêtre, quand j'habitais chez mes grands parents, et que de la fenêtre du grenier ou je dormais, je voyais la zone industrielle, et ce cri qui venait de partout et de nulle part.
Même a Tourcoing, je l'ai entendu, ce bruit, que j'appelle symphonie.
(461) La symphonie des mangeurs de verre.
# Posté le vendredi 13 juin 2008 21:13

(460) la vie d'un pédé

Tout commence dans le ventre d'une mère.
Quelques mois plus tard, tu nais.
Peut-être que t'as eu une enfance heureuse, mais dans la majorité des cas ça n'a pas été vraiment ça.
T'as surement eu un père absent et une mère surprotectrice.
Mais t'as toujours senti que t'étais différent des autres, t'avais pas de copains a l'école.
Tu t'es surpris a regarder les autres garçons d'un ½il tendre, pendant tes primes années.
Et puis un jour, t'as lu quelque part que regarder les autres garçons, c'est être pédé.
Tous les gens en cours avec toi disaient déja que c'était dégueulasse, que c'était pas naturel.
Et tu t'es caché. Tu t'es même peut-être refoulé.
T'arrivais pas a changer, malgré toutes tes prières. C'est comme ça, et ça ne s'explique pas.
Et t'as eu deux orientation de vie, soit tu t'es complètement coupé, soit tu t'es refoulé, pour plaire aux autres.
Parce que ces autres te culpabilisaient.
Comme il est destabilisant pour un enfant de se pas se sentir comme les autres.
Puis t'as pris en années, t'as commencé a le dire.
Et t'as commencé a avoir des problèmes.
Parce que la mauvaise personne l'a répété.
Parce que t'étais la personne qui portait atteinte aux m½urs, parce que t'étais pas celui qui rentrait dans le moule.
Et puis t'as eu ton bac, t'as voulu changer d'air.
La, t'aurais presque assumé, t'as rencontré des gens un peu comme toi. Qui avait presque vécu les mêmes choses que toi.
Eux aussi sont pédés.
T'es sorti en ville, t'es rentré dans un milieu.
T'as découvert ce que c'était que d'être pris pour un bout de viande. Mais tu t'en foutais un peu, après tout, ce n'est pas le cerveau qu'on suce.
T'as pris des risques, souvent, des fois, t'as été dégouté, tu t'es demandé ce que tu foutais, néanmoins t'as jamais arrêté.
Tu foires tes premiers partiels, parce que t'auras préféré t'user les fesses avec d'autres garçons que sur les bancs de la fac.
Tu finis tes études, tu rentres dans le monde professionnel.
Tes amis ne sont plus la, ils ont déménagé, ils t'ont pour la majorité oublié.
Mais tu te sens encore jeune et désirable, tu continues a sortir.
Et puis un beau jour, en te levant, tu as 30 ans.
Comme tout le monde sait, c'est l'heure du bilan.
Et tu te rends bien compte que ta plus longue histoire se chiffre en mois, et que construire quelque chose de durable entre pédés, ca relève du miracle.
Les jeunes te boudent parce qu'ils t'ont déja collé une étiquette de "trop vieux" ou de "pervers" dans le dos, et les autres mecs ne pensent guère plus qu'aux plans cul.
cette fois tu ne rencontres plus personne, tu t'ennuies.
Un autre jour, tu as 40 ans.
Ca va bientôt faire 10 ans que t'as rien construit, que t'as passé ta vie avec des futilités.
Que tout le monde t'a oublié.
Et cette prise de sang, ces résultats.
A trop faire le con tu as chopé le sida.
Incurable, intraitable.
Tu te coupes encore plus du monde.
Certains finiront en dépression, d'autres aurons de la chance.
Et tu te dis qu'en fait ta vie, t'es totalement passé a côté, de ton enfance jusqu'a maintenant...

# Posté le mercredi 04 juin 2008 18:12